• Regarde c'est le temps des étoiles,
    Et la douceur flotte dans l'air
    Soulevant doucement les voiles
    De quelques rêves éphémères.

    Vois, c'est le temps des amantes,
    Et des offrandes des poètes,
    Qui laisssent des roses piquantes,
    Comme autant de promesses secrètes.

    Les étoiles tomberont bientôt,
    Comme les passions des amants,
    S'étreignant derrière les rideaux,
    S'éteindront sous peu pour un temps.


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  • Comté

     

    Le froid s'est annoncé, il vient sur mon pays
    Comme un ami longtemps absent de chez lui.
    Dans la plaine, de la brume des étangs émane,
    La légende; vieille amie de la veillée bressane.
    La plaine entière s'est enrobée de mystère,
    Et la montagne toute proche de lumière
    Qui nimbe les vieilles sentinelles avancées:
    Grandes ombres et hautes tours abandonnées.
    Ici, le temps qui passe fait une courte pause,
    La même année après année, qui nous impose
    Le sentiment qu'un cycle immuable a laissé
    La marque de son passage, fins fils givrés,
    Et qui brodent de blanc les vignes vendangées
    Du Revermont et des profondes reculées.
    Plus haut, la montagne devient blanche claire
    La bise noire fait craquer les branches centenaires
    Et fige dans chaque recoin du haut plateau
    Les lacs, les rivières, la moindre goutte d'eau.
    Dans ces contrées les âmes sont encore chrétiennes,
    Mais la nature tout autour d'eux est païenne.
    Elle forge des temples sur les frontons des cascades,
    Où, comme on le sent toute la nature parade:
    Esprits d'hier et bêtes d'aujourd'hui mêlés.
    C'est mon pays où beauté et rudesse sont liées.
    De bas en haut on sait encore sans l'avouer,
    Que l'homme, de combes en étangs n'est qu'invité.


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  • Les soirs d'avant (jeudi soir à Besançon)

     

    J'ai ruiselé le long de ton toit,
    Pris une rigole et le flot
    M'a écartée.
    En contrebas, sur un bout de roche grise,
    J'ai éclaté.
    Entre granit et bitume je gîte un peu.
    Les voix des caves montent sur mon trottoir
    Et les mégots pleuvent dans le caniveau noir.
    Encore une fois je déroule ma pente sous les semelles
    Et dans la ville mouillée je ruisselle.
    Suivant le son rock d'un jeudi bondé
    J'éclabousse le flot underground
    D'un peuple enfoui sous les capots d'une déesse.
    Ils embarquent et moi avec
    Sur le zinc, une pinte nous rejoint,
    Une perle coule de son bec,
    M'enlace ...
    Une éponge l'efface.
    Et je deviens larme, comme un pleur
    Comme un souvenir des virées d'antan
    Des cafés concert les soirs de pluie. Avant.

     


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  • Une femme même avec un voile sur la tête est une femme.

    En réalité elles sont plusieurs, suivant le degré auquel elles sont liées à leur culture d'origine. Cultures qui sont "sociales", c'est à dire que la valeur de l'individu s'évalue en fonction de son intégration dans le tissu communautaire, et donc des règles d'appartenances souvent strictes qui lui sont propres. Ces règles ne sont que rarement remises en cause parce qu'elles sont le fondement de la communauté qui est le fondement de l'identité des individus qui la composent : cercle vicieux pratiquement impossible à briser, en général on y échappe au bout de quelques générations. En s'occidentalisant. Encore faut il pouvoir le faire.

    Le voile lui même n'est qu'un symbole de résistance à l'occidentalisation. L'islam ne réclame pas que les femmes soient voilées,  pas plus dans le Coran lui-même que dans les hadiths certifiés (la poitrine doit être couverte, c'est tout, et encore le coran dit simplement que c'est mieux pour la pudeur). Pour ce qui est des autres hadiths non certifiés, on ne peut en tenir compte pour éclairer le coran.

    Donc le voile est soit un symbole culturel, au même titre que le boubou ou la coiffe bigouden, en général quand il est porté par des primo-arrivantes, soit une forme de revendication : j'ai le droit d'être musulmane ici en occident. Ou encore "j'ai le droit d'être orientale, avec mes codes orientaux, ici comme ailleurs". Souvent, quand des jeunes femmes ou des jeunes filles sont dans cet état d'esprit, elles ignorent le fait qu'elles sont acculturées, ni d'ici ni d'ailleurs et que l'identité qu'elles revendiquent est souvent morte : elle est héritée du cercle familial et n'a plus d'existence en dehors, parce que le pays d'origine des parents a évolué. Le pays dont parle les exilés, les déracinés est toujours un pays de chimère. Et je sais de quoi je parle : je suis un "bâtard" né de deux cultures.

    Le souci est que les jeunes musulmans et les jeunes musulmanes trouvent refuge dans la religion pour y trouver le socle de leur identité. Évidement ils trouvent sur la toile tout un tas de sites pseudo religieux qui leur indiquent comment vivre selon les préceptes de l'islam. On y trouve pèle-mêle, des histoires d'envoutement, quelle prière il faut dire pour que ni les djinns, ni les hormones ne viennent polluer (!!!) le sommeil, et des conseils vestimentaires ou culinaire, des anecdotes sur la fin du monde (les ados adorent ça). Ces sites sont presque tous des sites Sunnites Waabites. Une branche du sunnisme fondamentaliste qui provient d'Arabie Saoudite. Sans vouloir les dé-crédibiliser, l'Arabie Saoudite est un pays ou l'interprétation des dires du Prophète amène à proclamer (en se basant bien-sûr sur des hadiths non certifiés, mais dont ces gens sont friands au point d'en faire un usage immodéré), qu'un musulman n'a pas le droit de demander une augmentation à son patron (!!!!). (Il faudra quand même que je vérifie cet exemple particulier pour savoir s'il provient de là-bas, ou d'un autre pays)

    Il y'a dans l'Islam d'autres voies, d'autres voix.

    Et ce que l'occident doit apporter à ces jeunes, c'est le sens critique propre à notre civilisation, parce que l'Islam sunnite n'a pas de dogme précis, pas de clergé, et qu'ils sont de facto désarmés face aux affirmations du premier venu qui connait trois Sourates. Et l'Islam n'est pas réfractaire à l'esprit critique, seuls quelques islamistes, dont le pouvoir dépend de leur connaissance branlante du Coran le sont.

    Les lumières de l'Islam ont longtemps illuminées le monde : El Andalus fut le plus grand centre de la pensée en occident au moyen-âge, ainsi qu'une terre de tolérance pour toutes les religions du livre.

    C'est sur cette base là, cet enracinement de la religion musulmane en terre d'Europe qu'il reviendra au jeunes musulmans de bâtir leur identité d'Européens. Parce que cet Islam d'Europe a existé pendant 7 siècles et qu'il a sa part immense dans l'histoire de l'occident, la part belle !

    Le voile sur la tête des jeunes filles  est un voile de fumée jeté sur l'incapacité des uns à aller vers les autres, sur l'arrogance d'esprits étroits qui ont peur de perdre leur identité qu'ils ne connaissent pas en intégrant l'autre.

    Et il n'y aura de victoire pour la lumière que lorsque la dernière des femmes d'Europe, musulmane, aura jeté son voile en se proclamant haut et fort de l'islam. Alors il sera temps d'aller à la rencontre des autres peuples du Prophète, en étant cette fois les porteurs d'une voix qui aura un écho, parce quelle aura appris à écouter. Je crois que cette voix/voie à venir est notre avenir à tous.

    Je ne peux m'empêcher de finir par deux poèmes :

     

    S'il n'y avait pas

     l'excès de votre communication orale

     et les turbulences dans vos cœurs,

     vous verriez ce que je vois

     et entendriez ce que j'ai entendu!

     

     Muhyyeddin Ibn Arabi

     

     Je crois en la religion

     De l'Amour

     Quelle que soit la direction de ses caravanes peuvent  prendre,

     Car l'amour est ma religion et ma foi.

     

     Muhyyeddin Ibn Arabi (1165-1240)


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  • Elles ont laissé derrière elles,

    Mon sourire mes belles,

    Ce matin, un lundi,...

    Sur le quai, elles ont laissé,

    Mes belles,

    Un baiser,

    Sucré, salé.

    Doux amère.

     

    Je n'ai fait qu'effleuré du regard.

    Je n'ai pas voulu,......

    De leur intimité nue,

    Sur le quai de gare.

    Pas trop. Mais elles ont laissé,

    Mes belles enamourées,

    La liberté du printemps,

    De l'amour dans le vent,

    Et mon sourire dans le train,

    Joli lundi matin.

     


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